L’Héritière Du Temps de Ludovic Rosmorduc

Résumé : Une grossesse qui tourne mal conjuguée à l’arrivée tonitruante d’une émissaire du Diable à Sétiladom : il n’en faut pas plus pour convaincre la Sainte Inquisition d’intervenir. Et si le Grand Inquisiteur est convaincu du bien-fondé de sa cause, il est également mû par d’autres motivations plus sombres. Héritiers de l’histoire de la Cité Ocre, mais surtout de la sagesse d’Ambroise de Liemmos, l’alchimiste Yorel, le guerrier Dungal et leur protégée de toujours, Sixéla, vont tout mettre en œuvre pour découvrir ce qui se cache derrière ces manifestations démoniaques.

Avis : Je n’avais encore jamais lu de roman classé « fantasy jeunesse ». C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis penchée dans la lecture de ce livre, et je dois avouer que je n’ai pas été déçue, bien au contraire.

Le roman se divise en trois grandes parties (ou plutôt, trois grands chapitres), toutes aussi captivantes les unes que les autres. L’histoire débute à Sétiladom, la Cité Ocre. A Sétiladom comme partout ailleurs, c’est l’Eglise qui décide de tout, c’est elle qui rend la justice, notamment par le biais d’une institution appelée la Sainte Inquisition. C’est dans ce contexte que Yorel d’Orval, alchimiste, se rend au chevet de Sixéla. Cette dernière l’a fait appeler afin qu’il l’aide à mettre au monde son enfant car l’accouchement s’annonce extrêmement difficile. Dans le même temps, les festivités du solstice d’été battent leur plein dans la Cité et Dungal, un géant guerrier aux cheveux roux, fait la connaissance d’une belle marchande étrangère qui lui révèle l’arrivée du Diable. Paniqué, Dungal amène la belle colporteuse à la Cathédrale, auprès du père Belarius, sans se douter une seconde des conséquences graves qui en résulteront tant pour lui que pour la jeune femme…

J’ai beaucoup aimé l’univers moyenâgeux crée par l’auteur, où le pouvoir spirituel est omniprésent. D’ailleurs, les pratiques qu’utilise le Grand Inquisiteur, Monseigneur de Whitlock, sont les mêmes que celles qui ont été employées par l’Inquisition au Moyen-âge. Il y recoure fréquemment à la Question (= méthode de torture utilisée afin d’obtenir des aveux, considérés comme la reine des preuves). De plus, tous ceux qui sont suspectés d’hérésie sont condamnés à être brûlés sur le bûcher. C’est dans cette ambiance sinistre que nos trois héros, Yorel, Dungal et Sixéla vont s’illustrer.

Ces trois personnages sont très attachants. Yorel et Dungal ont tout du héros : ils sont téméraires, ils n’hésitent pas à enfreindre les règles qu’ils considèrent trop injustes et ce, au péril de leur vie. Néanmoins, Yorel est beaucoup plus réfléchi que Dungal. Sixéla quant à elle m’a beaucoup touchée. Dans le premier grand chapitre, on a une Sixéla anéantie, désemparée. Puis elle se plonge à corps perdu dans la lecture des mémoires d’Ambroise de Liemmos, un érudit, mais aussi un vieil ami disparu. Et ce sont ces écrits qui l’aideront progressivement à surmonter sa douleur. Elle se raccroche à ces mémoires comme à une bouée de sauvetage. D’ailleurs les mémoires d’Ambroise de Liemmos sont très intéressants : le lecteur est aussi captivé que Sixéla par ces mémoires qui à la fin délivrent un message qui pousse à la réflexion. Et c’est à partir de là que débute la véritable aventure de nos trois héros et qui se poursuivra dans les deuxième et troisième grands chapitres.

Côté personnages secondaires, on retrouve le père Belarius, Monseigneur Whitlock, Monseigneur Théophraste, et le frère Gorgance, entre autres. Le point commun entre tous ces hommes d’Eglise : leur irrépressible soif de pouvoir. Ce sont des personnages malfaisants, cruels et prêts à tout pour accéder aux plus hautes instances de l’Eglise. Tous ont perdu de vue la véritable mission de l’Eglise, à savoir, aider les fidèles, se soucier de leur sort. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à leurs ambitions personnelles. Vous l’aurez compris, les complots en tous genres ce n’est pas ce qui manque ici.

Finalement ce roman s’est révélé être pour moi une agréable surprise. Le style est fluide, les descriptions sont très précises, on alterne les points de vue des différents personnages. Les chapitres sont très courts, ce qui donne du rythme à l’histoire. Ainsi, j’ai été emportée par le récit, et j’en suis vite arrivée au bout sans m’en rendre compte. C’est un véritable roman d’aventures médiéval avec une touche de fantasy, j’ai adoré.

A noter que l’Héritière du Temps est en quelque sorte la suite du Tertre des âmes, le premier roman de Ludovic Rosmorduc (également paru chez Baam), dans le sens où l’on retrouve Yorel, Dungal et Sixéla. Mais chronologiquement, les évènements décrits ici ce sont déroulés bien après ceux du Tertre des âmes. Ce roman peut donc être lu indépendamment du premier.


 

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