Guest Post avec Stephane Soutoul et Concours

Stéphane Soutoul est l’auteur du merveilleux Cycle des âmes déchues (Le Mal en la Demeure et Le Sacrifice des Damnés) ainsi que des recueils de nouvelles Chimères d’Albâtre et Troubles Songes. On le retrouve aussi dans de nombreuses anthologies telles que Le Lamento des Ombres ou encore l’anthologie Or et sang. Sa dernière nouvelle en date s’intitule Lys Blanc, sous une pluie de sang, disponible dans le numéro spécial Urban Fantasy du webzine réalisé par l’équipe de Bit-lit.com.

La fantasy urbaine, vue par un auteur français.
Les romans estampillés du sceau de l’Urban fantasy sont un sujet incontournable pour tout passionné d’imaginaire qui se respecte. Ce genre qui met sur le devant de la scène des univers où la magie et l’aventure côtoient la sensualité, est aujourd’hui tout à fait acclimaté au paysage littéraire francophone. Addictives en diable, les séries qui prennent pour cadre des contextes aussi bien actuels que purement fantasmagoriques, peuplées de caractères aux forts tempéraments, se succèdent sur les étales des libraires. Une abondance qui fait le bonheur des lecteurs avides de mystères, de romances et d’actions. La culture populaire se voit ainsi ouvrir un nouvel horizon régi par des codes ainsi qu’un esprit particulier. Quoi qu’à bien y réfléchir, quitte à employer le terme de fantasy urbaine, peut-être faudrait-il choisir le pluriel pour quantifier ce dernier. Car il semblerait que l’on se retrouve non pas en présence d’une seule Urban fantasy aux frontières bien délimitées, mais plutôt à des Urban fantasy. De l’avis des fans aussi bien que des professionnels, la catégorie se décline en sous-genres qui relèvent chacun des nuances minimes pour un œil néophyte, mais évidentes pour les spécialistes. Une diversité qui ne manque pas d’alimenter les débats parmi les rangs des lecteurs.  

Un large lectorat est donc réceptif, voire enchanté, par ce nouveau genre aux multiples facettes qui synthétise si habilement différentes figures de l’imaginaire. Le lecteur prend plaisir à s’immerger dans des intrigues épiques et sentimentales, à travers des quêtes avec lesquels il lui est possible de s’identifier. Mais qu’en est-il d’un auteur francophone inspiré par ce mouvement ayant gagné ses lettres de noblesses dans les contrées Anglo-saxons ? Quelle perspective créative un écrivain peut-il déceler dans la bit-lit et l’Urban-fantasy, au point de vouloir apporter à son tour une pierre à un édifice littéraire déjà conséquent ?

Pour ma part, ce genre qui entremêle fantastique et littérature populaire représente un terrain fertile pour planter les graines de mes propres créations. J’y vois aussi un parfait exutoire… Un univers ancré dans la fantasy urbaine n’est pas réfractaire métissage des styles, ce qui favorise un éventail conséquent de possibilités narratives. Faire un inventaire complet de toutes les œuvres qui s’inscrivent dans le genre (aussi bien littéraires, que cinématographiques ou télévisuelles) serait trop long et laborieux. Il est simplement bon de retenir que les romans qui s’inscrivent dans la lignée des Rachelle Morgan, de la Communauté du sud, des Dossiers Dresden ou de Mercy Thompson permettent de réhabiliter d’anciens mythes et croyances, afin de les actualiser, de leur donner une seconde jeunesse. Un exercice motivant pour un auteur. L’objectif à ne jamais perdre de vue ? Que les lecteurs se sentent davantage impliqués par les enjeux du récit, tout en y puisant une part de rêves. L’Urban-fantasy n’enferme pas l’auteur dans un carcan, elle lui permet au contraire d’inclure au sein de son univers des sujets, des ambiances et un rythme qui lui correspondent. Comme par exemple, développer une romance sans perdre de vue l’humour et le dynamisme au fil des chapitres. Du moins, est-ce la vision personnelle que j’entretiens sur le genre.
Lorsque je me suis attelé à l’écriture du premier tome de la série des Anges d’apocalypse, j’étais désireux d’insuffler une certaine énergie à mon récit et à ses personnages, afin de proposer une lecture incisive, dépourvue de fioritures. Peu de genres littéraires permettent d’appréhender une saga littéraire comme une série TV, nécessaire pour immerger le lecteur au cœur du roman. Ce rythme soutenu qui favorise les rebondissements se révèle possible – voire recommandé – en traitant une histoire sur un air d’Urban fantasy. Plus de pages pour donner de la consistance aux personnages, pour amener les lecteurs à s’attacher à eux et pour décrire leurs aventures et émotions avec le plus de justesse possible… Le dialogue joue aussi un rôle fondamental, ce qui insuffle une vivacité sans pareille au texte.
La sensualité fait également partie inhérente des péripéties d’Anita Blake ou de Merry Gentry. Je cherchais à dispenser à ma série une esthétique voluptueuse au détour de certaines pages, en plus de bâtir un suspens concret qui proposerait de suivre le parcours d’une galerie de personnages se complétant les uns les autres. Seule l’Urban fantasy était en mesure de m’apporter l’harmonie nécessaire pour mettre en place les éléments d’un tel projet. On peut donc dire qu’écrire un roman qui s’inscrit dans ce genre ne s’improvise pas. Il répond à un réel besoin créatif, d’une inspiration sans équivoque venant de l’auteur.
Concrètement, que peut apporter la plume d’un auteur francophone à la bit-lit et l’Urban fantasy ? Un simple calque reprenant le canevas des récits Outre-Atlantique ? Pas si sûr… Dans l’hypothèse que l’auteur parvienne à s’approprier les atouts de cette catégorie d’imaginaire, peut-être est-il en mesure de livrer une vision et un savoir qui, au contraire, lui confère un souffle nouveau. Les séries Rebecca Kean (de Cassandra O’Donnel) ou Maeve Reagan (de Marika Gallman) en sont de parfaits exemples avec leurs héroïnes résolument atypiques, aux motivations profondes. Fait intéressant, rien n’est gagné d’avance pour les héroïnes précitées. Elles revendiquent chacune une identité, que se soit dans le cadre d’une vie de famille, de mère, ou de personnages marginaux. Ecrire une histoire sous la bannière de la fantasy urbaine donne accès à un vivier de mises en situations et à une passion dont peu de catégories littéraires peuvent s’enorgueillir. Cette richesse permet la mixité des légendes, des croyances et des environnements fabuleux qui n’ont pour seules limites que notre imagination.
L’Urban-fantasy a beaucoup à gagner, en se voyant traiter par des plumes francophones. Ces dernières ne peuvent que lui apporter un souffle nouveau qui tiendra en haleine les lecteurs, toujours avides de nouveaux univers et de personnages aux dimensions aussi fortes qu’attachantes. Cette appropriation du genre permet aussi de situer les histoires dans des environnements plus familiers aux lecteurs, avec des états d’esprits, des mentalités, qui lui correspondent davantage et à travers lesquels il peut se reconnaître.
Tout du moins, est-ce là mon point de vu sur la question, en tant qu’auteur nourri par ces histoires empreintes d’un fantastique moderne. Comme dit plus haut, la richesse de l’Urban fantasy ne manque jamais d’alimenter débats et controverses, preuve d’une vitalité à saluer et à entretenir. Afin que perdure un genre populaire dans lequel chacun peut trouver son plaisir de lecture.    

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Né en 1977, Stéphane Soutoul se passionne très tôt pour les récits où s’entremêlent l’interdit, le frisson et l’aventure.De cette addiction pour la littérature fantastique, émerge un style partagé entre lumière et ténèbres. Son écriture cristallise sa prédilection pour les univers à l’imaginaire sombre dans lesquels tout peut arriver.Il est auteur notamment d’une série vampirique en cours de publications aux éditions du petit caveau (Le Cycle des âmes déchues) ainsi que d’une future série bit-lit (Anges d’apocalypse). Plusieurs de ses textes figurent au sommaire de diverses publications, recueils et anthologies. 
Site web de l’auteur: http://stephanesoutoul.blogspot.fr

Thanks to Stephane Soutoul for this guest post. You can win a set of bookmarks. There will be two winners, one international and a French one. The giveaways ends on October 1st.

Merci à Stéphane Soutoul pour ce guest post. Vous pouvez gagner des marques pages. Il y aura deux gagnants, un Français et un International. Le concours se termine le 1er Octobre.

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11 thoughts on “Guest Post avec Stephane Soutoul et Concours

  1. Super post, très complet et intéressant, j’ajouterais que la présence des auteurs français dans ce domaine la de la littérature est minime mais j’ai l’impression que ça prends de l’ampleur et c’est un vrai plaisir ^^ Merci!

  2. Oh I love the look of those bookmarks… especially the one with the crow.

    I have to agree, I also enjoy UF and find it addicting as well. This series sounds wonderful. I’m either going to have to really learn French (my French is minisule at best) or hope it comes with an English translation.

  3. Merci beaucoup pour ce concours, une réflexion intéressante et j’avoue que je serais bien tentée de découvrir cet auteur un jour ; les marque-pages seraient un premier pas (^-^) encore bon anniversaire à votre blog ^^

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